Les lauréats

 L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2019 au Professeur Raphaël Gaillard et au Professeur Joel Swendsen

Normalien et médecin, Raphaël Gaillard est professeur de psychiatrie à l’Université Paris Descartes et chef de pôle à l’hôpital Sainte Anne, pôle qui reçoit plus de 12 000 patients par an et comprend 5 services, avec une activité à la fois de secteur et de recours pour la prise en charge de pathologies résistantes. Il préside le Conseil National des Universités de psychiatrie ainsi que le Congrès de l’Encéphale, congrès qui réunit chaque année 4000 psychiatres au Palais des Congrès. Après une thèse de sciences sur les bases cérébrales de la conscience et un post-doctorat à l’université de Cambridge, il anime à l’Inserm et à l’Institut Pasteur des recherches combinant imagerie cérébrale et psychopharmacologie visant à mieux caractériser les propriétés des psychotropes. Au cours de ses travaux de recherche il a été amené à démontrer un accès inconscient à des attributs sémantiques des mots (Proceedings of the National Academy of Sciences, 2005 et 2006), ainsi que l’altération de traces mnésiques par des indices inconsciemment perçus (Cognition, 2018). Il a également caractérisé la perturbation de la prise de décision au cours de la transition psychotique, donnant lieu à publication en 2016 dans la première revue de psychiatrie, Molecular Psychiatry. Il a récemment publié avec Stanislas Dehaene un modèle de la schizophrénie considérée comme liée à une perturbation de l’accès à la conscience (Trends in Cognitive Sciences, 2017). Dans la continuité de son cursus rue d’Ulm, il étudie également la participation de processus inflammatoires aux troubles psychiatriques. Son approche est à la fois préclinique, au travers de l’étude de la microglie à l’Institut Pasteur, et clinique au travers de l’exploration systématique de pathologies auto-inflammatoires telles que la mastocytose et de la caractérisation des effets anti-neuroinflammatoires de la kétamine (Brain, Behavior and Neuroscience, 2019).

Directeur de recherche au CNRS / Professeur de psychologie Clinique et Psychopathologie à l’Université Victor Segalen Bordeaux 2, Directeur du laboratoire « Neuroimagerie et Vie quotidienne » Ecole Pratique des Hautes Etudes, les travaux de Joel Swendsen surmontent ces barrières par le biais des smartphones et d’autres technologies mobiles, adaptées à l’étude des interactions temporellement brèves et augmentant la validité écologique des observations.

Il a ainsi permis des découvertes majeures sur des mécanismes sous-tendant la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie et les addictions.

Reconnu comme pionnier dans ce domaine, il compte plus de publications sur la faisabilité et la validité des technologies mobiles en psychiatrie que tout autre chercheur sur le plan international.

 L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2018 au Professeur Marion Leboyer

Pour ses travaux sur la schizophrénie et les troubles de l’humeur qui font entrevoir de nouvelles pistes de réflexions physiopathologiques et rapprocher ainsi immunité et psychiatrie.

Marion Leboyer est Professeur des Universités – Praticien Hospitalier à l’Université Paris Est Créteil – responsable du pôle de psychiatrie et d’addictologie des Hôpitaux Universitaires Henri Mondor – Directeur du laboratoire Inserm en psychiatrie translationnelle.

L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2017 au Professeur Philippe Conus

Pour ses travaux dans le domaine de la prise en charge précoce de patients avec dépression graves et /ou avec schizophrénie.

Le professeur Philippe Conus dirige le service psychiatrique du CHU Vaudois à Lausanne en Suisse.

L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2016 au Professeur Philippe Fossati

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Mme Pascale Cossart, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Pr. Philippe Fossati, lauréat 2016, Mme Maria Halphen.

Pour ses travaux sur les troubles cognitifs et émotionnels de la dépression.

Professeur des Universités et Praticien Hospitalier (PU-PH) du Groupe hospitalier Pitié Salpêtrière exerçant au sein du Service de Psychiatrie de Paris, Philippe Fossati a été récompensé pour ses travaux réalisés depuis plus de quinze ans sur les troubles cognitifs et émotionnels de la dépression.

L’objectif général de ses recherches est de définir à un niveau biologique les troubles mentaux, afin d’en faciliter le diagnostic et de proposer des nouvelles cibles et méthodes thérapeutiques adaptées aux besoins biologiques et physiologiques des patients. Ses recherches consistent essentiellement à utiliser de l’imagerie cérébrale (en particulier l’IRM fonctionnelle) pour diagnostiquer, suivre les effets des traitements et détecter des facteurs de vulnérabilité. Son activité scientifique s’inscrit dans la démarche de promouvoir en psychiatrie une médecine prédictive et personnalisée, en transférant rapidement aux patients les données issues des neurosciences. Tout au long de ses recherches, Philippe Fossati a contribué dans la dépression à la découverte de l’importance des troubles cognitifs en particuliers exécutifs ; des troubles de l’allocation des ressources attentionnelles sur le monde interne ou externe ; du rôle essentiel des structures médiales préfrontales dans la focalisation sur soi et ainsi dans la vulnérabilité à la dépression, la production des symptômes dépressifs et la réponse aux traitements antidépresseurs.


L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2015 au Professeur Luc Mallet

Halphen-128Pour ses travaux remarquables développés dans le domaine de la recherche neuroscientifique concernant les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).

Professeur de psychiatrie aux Hôpitaux Universitaires Henri Mondor et Albert Chenevier de Créteil, Professeur associé à l’Université de Genève, Luc Mallet dirige depuis 2008 une équipe de recherche à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM Inserm U1127) à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il coordonne un ensemble de projets de recherche translationnelle visant à caractériser la physiopathologie des comportements répétés pathologiques chez l’homme dont le trouble obsessionnel compulsif.

Les travaux de Luc Mallet visent à identifier les processus de traitement de l’information au sein des ganglions de la base en relation avec la psychopathologie et à développer des thérapies innovantes pour des troubles sévères et résistant au traitement médical. Grâce à son expertise, les résultats obtenus par M. Luc Mallet permettent aujourd’hui de mieux comprendre comment les symptômes du TOC surviennent (combinaison des approches en psychologie expérimentale, en imagerie, en biologie chez l’homme et chez l’animal). Ses travaux mettent également en évidence, via une approche translationnelle, clinique et expérimentale, les moyens de mieux traiter la maladie grâce à l’exploration des mécanismes de traitements existants et leur optimisation. Enfin, pour compléter les dispositifs thérapeutiques, le programme de recherche récompensé suggère que le handicap du TOC pourrait être mieux combattu, en développant une approche au carrefour entre les neurosciences et l’anthropo-sociologie, en utilisant les nouveaux outils offerts par la technologie moderne pour optimiser les traitements, personnaliser la prise en charge et éviter l’isolement du patient.

L’Académie des sciences décerne le Prix Philippe & Maria Halphen 2014 au Professeur Marie-Odile Krebs

Pour ses travaux de recherche sur la physiopathologie des maladies psychiatriques, avec une référence particulière pour la psychobiologie des émotions et le développement des fonctions mentales.
Marie-Odile Krebs est professeur des universités-praticien hospitalier à l’hôpital Sainte Anne.

Marie-Odile Krebs s’est engagée dans la recherche en psychiatrie biologique depuis le début de sa carrière. Elle s’est considérablement investie dans le développement de réseaux nationaux et internationaux et de plateformes de recherche sur le site de l’hôpital Sainte Anne, permettant de développer une recherche translationnelle bidirectionnelle. Cela lui a permis de constituer des cohortes cliniques enrichies d’explorations multiples, faisant appel aux différentes «omics» biologiques et à l’imagerie, en liaison avec la clinique et la cognition. Elle a établi des collaborations durables avec des généticiens, notamment avec le professeur Guy Rouleau à Montréal, conduisant à la publication d’articles très originaux ouvrant de nouvelles voies dans le champ de la schizophrénie. En collaboration avec Alain Prochiantz, elle a étudié les fonctions d’un gène qui maitrise la régulation de l’ouverture/fermeture de la période critique au cours du développement du système nerveux. Elle a montré le rôle de ce gène dans la maturation de comportements complexes (anxiété, interactions sociales) chez la souris. Enfin, elle est l’un des premiers chercheurs à avoir exploré l’hypothèse neurodéveloppementale de la transition psychotique en parallèle chez l’homme et l’animal, hypothèse qui est aujourd’hui l’une des principales pistes pour la compréhension de troubles psychiatriques, au-delà de la schizophrénie.

La Fondation Philippe et Maria Halphen qui a notamment pour but l’innovation et le progrès des connaissances et de la recherche scientifique dans le domaine des maladies mentales concernant en particulier les troubles bipolaires, la schizophrénie et la dépression résistante,  a décidé de créer, en association avec l’Académie des sciences, le Prix Philippe & Maria Halphen.

L’Académie des sciences a décerné, le 25 novembre 2014, le Prix Philippe & Maria Halphen pour la recherche neuropsychiatrique sur les maladies mentales.

D’un montant de 15 000 euros, ce prix récompense cette année des travaux de recherche sur la physiopathologie des maladies psychiatriques, avec une référence particulière pour la psychobiologie des émotions et le développement des fonctions mentales.

Les membres de la commission scientifique sont : Yves Agid, Jean-François Bach, Raphaël Gaillard, Michel Le Moal, Yanne Norup, Jean Rossier, Norman Sartorius.